Je pose la question simplement : quand on a goûté au café en Italie (du Sud...), quel matériel acheter pour reproduire un “vrai” expresso chez soi ?Il y a plus de 10 ans j'ai vécu une année dans la merveilleuse ville de Naples. La pause café avec mes collègues italiens, deux fois par jour hors déjeuner, consistait à prendre la voiture et faire un ou deux km pour se rendre dans le bistrot où le café était bon. La sélection dudit bistrot se faisait généralement sur la fréquentation : plus il y a de monde, plus la machine à café fonctionne fréquemment et donc meilleur est le café! Les bistrots italiens proposent l'espresso en trois versions (au moins):
- caffè = le normal, un fond de tasse avec plus de la moitié de crème (15 ml), bu en une gorgée (voir photo);
- ristretto = environ la moitié du normal... une demi-gorgée de crème concentrée, sans aucune amertume;
- lungo = l'allongé, environ une demi-tasse, à peu près équivalent d'un “serré” en France (en meilleur)!
Certains italiens ont aussi l'habitude de boire un grand verre d'eau minérale avant leur expresso. On peut demander « un caffè e un pò d'acqua ». L'essentiel est de boire l'eau impérativement avant : cela rince le gosier, facilite la digestion et sans altérer le goût du café.
L'expresso italien est un nectar, véritable concentré d'arômes. Quand on y a goûté, comme à un excellent vin, on devient forcément un peu plus exigeant par la suite... Quand il est réussi il n'a normalement aucune amertume et finalement peu de caféine (essentiellement en raison de son faible volume, voir la note en fin d'article), à l'inverse du café réalisé par infusion ou lixiviation (le café filtre).
Mais revenons à notre question. Un expresso, c'est fondamentalement du café et de l'eau... Sa qualité dépendra avant tout de celle de ses deux éléments constituants. Le procédé de production s'appelle l'extraction. C'est un processus complexe mais pourtant très simple à décrire dans son principe : il s'agit de faire passer de l'eau chaude (température entre 88 et 95 °C selon les goûts) sous une pression de 9 à 10 bar au travers de 7 à 8 g de grains de café moulus finement, pendant environ 25 secondes ce qui produira in fine 15 à 30 ml de nectar et de crème. À boire immédiatement. La partie délicate est que c'est principalement la taille de la mouture du café qui conditionne la valeur de pression et donc le temps d'extraction optimal. Il faut aussi que la température reste constante pendant tout le processus, et étant donné le faible volume de liquide en jeu, ce n'est pas du tout évident à réaliser.

Solution A: cafetière italienne ou “moka”
La première solution à notre problème est celle adoptée par tous les italiens (et beaucoup d'autres amoureux du café dans le monde) : l'utilisation d'une cafetière moka dite « italienne ». Elles s'utilisent sur un feu gaz ou électrique et permettent un expresso avec un peu de crème. Elles sont généralement en aluminium (parfois en Inox), existent en différentes tailles (entre 1 et 12 tasses) et la marque incontournable est Bialetti, auteur du brevet de la “moka express” en 1933 (mais d'après ce site, ce serait un Français l'inventeur en 1822... chauvinisme, quand tu nous tiens!)
Pour bien réussir son café italien avec ce type de cafetière, il faut respecter certaines règles. Je les ai apprises le premier matin de mon arrivée en Italie, comme un examen de passage et de bonne conduite, et j'ai pu les perfectionner au jour le jour depuis plus de 10 ans. Les voici résumées en dix commandements :
- Utiliser la bonne mouture de café. La taille des particules de café moulu est très importante pour que l'extraction soit optimale (c'est surtout vrai avec les machines expresso à filtre non pressurisé, voir solution B de cet article). Sur les marques italiennes de café, vous trouverez un pictogramme indiquant que la mouture est adaptée ou non. Par exemple le café moulu Kimbo ou le Illy sont absolument parfaits pour ces cafetières.
- Utiliser de l'eau minérale (ou filtrée). La qualité de l'eau est également déterminante pour le goût, exactement comme pour le thé. Un autre aspect est d'éviter le calcaire qui pourrait encrasser la valve de sécurité...
- Remplir le réservoir jusqu'à la hauteur de la valve de sécurité. Les cafetières sont dimensionnées pour faire une certaine quantité de café (c'est pourquoi il y a toutes les tailles). Si vous mettiez moins d'eau ou moins de café, la cafetière ne fonctionnera pas correctement.
- Remplir le filtre de café moulu sans le tasser : remplir complètement le filtre en déposant délicatement le café moulu jusqu'à former un dôme dépassant en hauteur de 1 cm (pour un café serré). Pour éviter le débordement, il faut utiliser une petite cuillère et déposer/insérer la poudre de café délicatement au centre du filtre. Ensuite, visser la partie supérieure délicatement et c'est elle qui assurera un tassement parfaitement homogène du café dans le filtre. Si vous tassiez le café manuellement dans le filtre, vous créeriez inévitablement des zones plus tassées que d'autres... l'eau sous pression passerait par les chemins les moins denses et l'extraction ne serait pas optimale.
- Chauffer à feu doux. Sur un feu à gaz, utilisez le brûleur le plus petit et mettre la flamme au minimum. Sur les plaques électriques, le temps de chauffe est plus lent donc un thermostat moyen ou fort peut convenir. L'essentiel est de baisser, voire même éteindre la plaque lors de la sortie du café, qui doit se faire en douceur.
- Laisser le couvercle ouvert. Pendant la chauffe et la sortie du café, de la vapeur s'échappe du tuyau; si vous fermez le couvercle elle va surchauffer et brûler le café (et aussi le diluer, diront certains puristes).
- Surveiller le processus. Rester auprès de la cafetière et arrêter le feu dès la fin de l'extraction : le réservoir supérieur doit être rempli et il se produit un petit gargouillis caractéristique indiquant qu'il n'y a plus d'eau. Si vous laissez trop longtemps, le café aura un goût de brûlé. Si vous oubliez carrément votre cafetière sur le feu, danger! Sans eau dans le réservoir l'aluminium va monter fortement en température : le joint caoutchouc commencera à fondre, puis la poignée latérale en plastique... puis il peut même y avoir des cas d'explosion (si la valve de sécurité est encrassée). Quand on lance un café avec ce type de cafetière, on doit impérativement rester à côté !
- Mélanger le café avant de servir. Au cours de l'extraction, la densité du café produit diminue avec le temps : les premiers millilitres sont très concentrés (les huiles et les arômes), les derniers beaucoup plus dilués et ce gradient persiste dans le réservoir supérieur (concentré au fond et dilué en surface).
- Utiliser sa cafetière le plus souvent possible (tous les jours!) : après plusieurs semaines d'abandon ou lorsque la cafetière est neuve, votre café aura un mauvais goût d'aluminium ou de moisi. Pour le réduire, il faut faire au moins 1 ou 2 cafés “à vide” (en mettant seulement un peu de café moulu) et les jeter purement et simplement.
- Ne jamais utiliser de détergeant vaisselle pour le nettoyage : laver sa cafetière à l'eau et utiliser le doigt pour nettoyer le joint et le filetage du filtre. En utilisation quotidienne, on peut laisser la cafetière telle quelle jusqu'au lendemain (le marc de café va imprégner un peu plus l'aluminium), et la nettoyer juste avant de préparer le café du jour.
Principe de la cafetière italienne “moka”. Le réservoir inférieur chauffé fait entrer l'eau (A) en ébullition, produisant de la vapeur sous pression qui pousse l'eau chaude vers le bas, la fait remonter dans le tube du filtre contenant le café moulu (B), le traverse provoquant l'extraction, le résultat étant recueilli progressivement dans le réservoir qui sert aussi de verseuse (C). Voir aussi cette image Wikipédia. | ![]() |
Les avantages de la cafetière italienne sont sa simplicité, son faible coût et son faible encombrement. Les inconvénients sont que la température de l'eau est proche de 100 °C : le café résultant est donc “sur-extrait”, c'est-à-dire fort en goût et en caféine; l'autre problème est la pression qui est insuffisante : entre 2 et 4 bars maximum.
La petite moka c'est bien, mais ça reste nettement inférieur en qualité à un vrai expresso. Et contrairement à nos voisins italiens, nous pauvres français n'avons malheureusement pas au bas de notre rue un bon bistrot servant un excellent expresso (et en Italie, il est généralement à 1 euro seulement...).
J'ai alors commencé à m'intéresser aux machines expresso professionnelles, et j'ai découvert avec intérêt l'univers des baristas et des coffee geeks. J'ai par exemple appris que pratiquement toutes les machines expresso vendues dans la grande distribution (Krups, Magimix, Delonghi, ...) ont un porte-filtre pressurisé, c'est-à-dire que la pression d'eau lors de l'extraction est en fait conditionnée par les petits trous du filtre et non par la densité de mouture du café. Ce “détail” technique n'en est pas un : avec un filtre pressurisé l'extraction ressemble plus à une lixiviation (comme pour un café filtre) qu'une vraie percolation, ce qui, outre la médiocre qualité de l'extraction, a pour effet de rendre ces machines très “tolérantes” au type de café et à la mouture utilisée. D'autre part, ces machines produisent de la mousse de café (des petites bulles) et non de la crème (les huiles contenant les arômes); la présence de cette mousse et la valeur élevée de pression annoncée (en fait la puissance de la pompe) sont des arguments purement commerciaux pour prétexter une supposée qualité de l'expresso produit. Donc si les arguments de vente sont : « simplicité d'utilisation » et « beaucoup de mousse », fuyez !! La qualité d'un expresso, la présence de crème et la pression dépendent avant tout du type et de la mouture du café, ce qui n'est pas du ressort de la cafetière! Mais j'entends un lecteur qui pense : « et les machines qui ont un moulin intégré ? » ... Ben là, je n'ai pas d'avis car je n'ai jamais expérimenté ce type de machine. Il faudrait commencer par savoir si le filtre est pressurisé ou non et j'ai bien peur qu'il le soit. Ensuite, j'ai l'impression que même avec un filtre non-pressurisé cela revient aussi cher au total que des éléments séparés, donc personnellement je préfère maîtriser toute la chaîne.
Les machines à filtre non-pressurisé sont généralement réservées aux professionnels et on a du mal à les trouver dans les grands magasins. Heureusement sur le Net, on trouve des sites spécialisés comme (je me limite à des sites proposant une livraison en France) MaxiCoffee, Coffee Italia, Café Méo, Mon Café, ... Vous y découvrirez des marques inconnues du grand public comme Rancilio, Gaggia, La Pavoni, Isomac, Briel, FrancisFrancis, ... ces sites vendent aussi du café, des moulins, des accessoires, ... j'apprécie leur motivation principale qui est de faire connaître le café sous toutes ses formes et de sensibiliser à la passion des baristas. Cependant, cela reste des sites grand public et ils y vendent aussi les gammes de machines à filtre pressurisé ou même à dosettes. Et il faut parfois être très attentif pour savoir quel est le type de machine : sur MaxiCoffee par exemple, ils indiquent la mention « moulin à café recommandé », ce qui semble signifier que le filtre est non pressurisé.

Un petit mot sur les machines utilisant des dosettes : la norme E.S.E. (inventée par Illy en 1972) se démarque nettement des autres systèmes de conditionnement par son disque semi-rigide en papier dans lequel le café est pré-tassé : elles peuvent ainsi être utilisées par des machines à filtre non pressurisé (moyennant un adaptateur).
Le temps du choix. Après plusieurs semaines d'apprentissage et de recherche détaillée sur le Net, et avec un budget limité à 700 euros, j'ai fait l'acquisition d'une Rancilio Silvia V3, un moulin Ascaso I-mini I1 (sans doseur, meules plates de diamètre 54 mm, avec timer) et un tamper 58 mm en aluminium. On trouve beaucoup de forums et d'articles sur la Miss Silvia, je ne vais donc pas m'étendre, sinon que j'ai mis plusieurs jours à la maîtriser et que j'en suis très satisfait après 1 an d'utilisation. Ah oui, j'utilise occasionnellement le filtre 1 tasse La Marzocco qui assure une meilleure extraction que le filtre Rancilio d'origine, mais demande un surdosage. Je dois signaler ici qu'avant d'acquérir l'indispensable moulin, j'ai commis l'hérésie de fonctionner un certain temps avec du café moulu Illy : je dois dire qu'il permet d'excellents cafés quoique légèrement sous-extraits (15 à 20 secondes max, même bien tassé); et évidemment, les arômes diminuent rapidement avec les jours après l'ouverture de la boîte sous vide, même si couvercle est bien étanche. Donc ça ne remplace pas un moulin, mais le Illy étant très bien distribué en supermarché, ça peut dépanner.

Pour le moulin, j'ai longtemps hésité avec le Rancilio Rocky et finalement, dans cette gamme de prix, j'ai été séduit par l'Ascaso I-Mini (qualité de fabrication, esthétique, taille, ...). Il faut noter que le modèle I-1 Mini semble assez récent car on trouve essentiellement sur le Net des critiques du modèle I-2 Mini avec ses meules coniques de diamètre 37 mm. Le modèle I-1 Mini coûte un peu plus cher mais a toutes les caractéristiques d'un moulin professionnel. Son seul défaut est l'absence de graduation sur les deux boutons de réglage : taille de la mouture et durée du timer. Il faut sacrifier quelques cafés ratés avant d'arriver au réglage optimal. Mais du coup c'est très en accord avec l'esprit de la Silvia : simplicité, efficacité, robustesse mais utilisation demandant de la patience !
Pour l'achat du moulin je recommande chaudement le site suivant (mal référencé sur le Net) pour ses prix attractifs, la disponibilité au téléphone (rappel immédiat et gratuit), la livraison éclair et l'emballage absolument impeccable : www.expresso-cafe.com.

Conclusions
Voilà j'ai mon vrai café expresso à la maison. Seule contrainte : allumer la cafetière le matin 30 minutes avant le premier café... Niveau prix, même en achetant du café en grain Illy à presque 26 €/kg, mon expresso me revient à moins de 0,20 € la tasse (eau et électricité comprises) pour 7 g de café par tasse. À titre de comparaison, la marque au slogan “quoi d'autre?” c'est seulement 5 g de café (de bonne qualité, certes), extraction pressurisée dans sa capsule non recyclable, pour presque 0,50 €. No comment.
Tout ceci étant dit, personnellement cela ne m'empêche pas de boire (presque) tous les types de café en toutes circonstances. Un café entre amis c'est avant tout un moment de convivialité et quand on aime vraiment, je crois qu'on est plus tolérant qu'intégriste... c'était la phrase philosophique du jour. De façon plus pragmatique, un café filtre bien préparé, par exemple, n'est pas fondamentalement “mauvais”, il est juste beaucoup moins évolué, moins riche qu'un expresso, comme un tout petit vin de terroir face à un grand cru.
Note: combien de caféine dans un expresso ?
Tout d'abord, la caféine n'est pas fondamentalement « mauvaise pour la santé » : c'est un stimulant des systèmes nerveux et cardio-vasculaires. Comme tout, il suffit d'apprécier et de ne pas en abuser. La teneur en caféine dépend avant tout du type de café : il y en a 2 fois plus dans un grain de Robusta que d'Arabica, et environ 10 fois moins dans une espèce décaféinée. Ensuite il y a la préparation : la molécule de caféine met assez longtemps à se solubiliser dans l'eau ; il y en aura donc moins dans un expresso que dans un café filtre ou pire, un café turc. Mais c'est surtout le faible volume qui fait qu'un expresso n'est pas au sommet de la teneur en caféine par rapport aux autres boissons. Un expresso “normal” de 30 ml contient ainsi environ 50 mg de caféine. En comparaison une grande tasse de café filtre en contient 3 fois plus (150 mg), pour un litre de Coca Cola ou Pepsi c'est plus de 100 mg. Pour information les organismes de santé publique recommandent une consommation maximale quotidienne de caféine de 400 mg/j pour les hommes (8 expressos), 300 mg/j pour les femmes (6 expressos... aparté: à quand la parité médicale ?...).



11 commentaires:
Très bel article.
Sur ce, mon café m'attend.
Bonjour,
Tout d'abord merci pour cet article très bien fait et très instructif.
Cela dit j'ai une question, comment savoir si le porte filtre est pressurisé ou non?
Je possède une ariete roma deluxe qu'on m'avait conseillé lorsque j'étais allé dans le sud de l'italie l'année dernière.
Le café est bon mais reste tout de même moins crémeux que celui des bars.
J'utilise du café quarta en grains.
Et du coup je ne sais pas trop quelle taille de mouture utiliser...
Sauriez vous me conseiller? Par avance merci.
Bonjour Tony,
Très bonne question : d'après ce que j'ai vu, la Roma Deluxe aurait plutôt un filtre non pressurisé... Mais pour en être sûr, il faut faire des essais en variant la mouture du café et le tassement : plus la taille sera fine et plus le café sera tassé, plus l'extraction devra durer longtemps. À l'inverse, une mouture grossière ou mal tassée devrait donner une horrible lavasse en quelques secondes...
La bonne taille de mouture est celle qui donnera un expresso entre 15 et 30 secondes d'extraction (en incluant les 3-5 secondes pendant lesquels on ne voit rien sortir), c'est à dire un café qui s'écoule avec un très très léger filet de crème. Il n'y a que les essais qui peuvent conclure, car le réglage du moulin dépend beaucoup du type de café.
Si le porte-filtre était au contraire pressurisé, la taille de la mouture et le tassement n'aurait que peu d'effet sur le résultat.
Bonjour.
Excellent article très enrichissant.
Je pensais que l'expresso favorisait l'extraction de la caféine par rapport au café filtre.
Cela semble être le contraire.Pouvez vous en dire plus sur ce sujet?A quantité égale (15-20 ml),il y a -t-il plus ou moins de caféine dans un expresso que dans un café filtre?Merci d'avance.Meilleures salutations.
Bonjour,
L'expresso favorise surtout l'extraction des arômes (les huiles), ce qui donne le goût fort et la crème, mais la caféine est bien entendue également extraite. La café filtre, par son processus plus lent de lixiviation, favorise la diffusion de la caféine qui a besoin de temps pour se solubiliser dans l'eau...
Mais il est clair que la concentration en caféine reste malgré tout environ deux fois plus élevée dans un expresso qu'un café filtre. Pour la même quantité de boisson (par exemple 30 ml), on aura une quantité de caféine d'environ :
expresso = 50 mg
café filtre = 30 mg
Mais comme je le dis dans l'article, quand on prend un café filtre c'est généralement plutôt 150 ml (une tasse), donc un volume 5 fois plus élevé ce qui fait qu'on absorbe au final 150 mg de caféine, soit 3 fois plus qu'avec un petit expresso.
Si on revient aux recommandations de santé publique (400 mg de caféine par jour), un homme peut prendre jusqu'à 8 expressos, alors qu'avec seulement 3 tasses de café filtre on a dépassé son quota.
Pourquoi allumer la Silvia 30 min avant utilisation ? Les techniques dites de "temperature surfing" ne sont-elles pas censées garantir une température optimale d'extraction en suivant un rituel standardisé mais court ?
Bonsoir cher anonyme et bonne année !
La technique du temperature surfing permet d'ajuster la température initiale de l'eau entre 100°C (juste après l'extinction du voyant) et 91°C (lorsque le voyant s'allume). Ces 9° sont l'écart du thermostat de la Silvia. En attendant 60 secondes après l'extinction du voyant, l'eau est à 93°C environ.
Les 30 minutes d'attente après la mise sous tension de la Silvia (disons 15-20 minutes au minimum) sont un préliminaire indispensable : elles permettent la chauffe de tout le circuit et particulièrement l'imposant porte-filtre en laiton qui doit revenir "brûlant" au toucher. Ce dernier assure la grande inertie thermique nécessaire pour garder la température initiale de l'eau pendant toute l'extraction.
En d'autres termes, l'utilisation du "temp surfing" à partir d'une Silvia froide (c'est-à-dire environ 2 minutes après la mise sous tension, à la première extinction du voyant), donnera une eau à bonne température de départ mais qui va se refroidir rapidement pendant l'extraction, tout simplement parce qu'elle va perdre une partie de sa chaleur pour chauffer le porte-filtre froid...
Maintenant tout est question de goût et il n'y a rien d'universel et encore moins de règle incontournable... Si l'extraction que vous obtenez donne un café qui vous plait, rien à redire ! L'essentiel est de dompter la machine pour qu'elle vous fasse plaisir, n'est-ce pas ?
Désolé je n'avais pas vu la possibilité d'entrer un nom sans passer par un compte. (je suis donc l'anonyme précédent)
Réponse très intéressante et détaillée. J'ai effectivement constatée sur ma machine que le "grouphead" était brûlant au bout d'une vingtaine de minutes et qu'à partir de là je n'avais plus à me soucier de préchauffer le porte filtre (oui tout de même je préchauffe avant une première extraction). J'ai acheté un thermomètre, je vérifierai prochainement si le simple préchauffage (départ machine éteinte) suffit à obtenir une température uniforme et m'épargner les 20 minutes.
Question matériel j'ai opté pour de l'entrée de gamme, ce qui implique plus de contraintes pour arriver à des coniditions optimales d'extraction. Mais l'idée c'est de prendre le temps et m'entrainer (aussi pour la mousse de lait) et surtout investir dans un bon moulin. Et justement c'est le Mini I1 qui a retenu mon attention.
J'ai donc choisi une petite Saeco qui a le même porte filtre qu'une Aroma, j'ai donc acheté un 2e PF en vue de le dépressuriser, donc ça me permettra d'expérimenter pas mal.
Vous comptez faire d'autres articles sur la quête de l'extraction parfaite ? (le tamping etc...) Y a-t-il une adresse mail pour vous poser d'autres questions ?
Bonjour Julien,
Les tests de mesures de température à différents stades de chauffe sont potentiellement très intéressants. Merci nous tenir informés des résultats si vous voulez bien !
Pour approfondir encore les techniques d'extraction, je vous conseille de vous inscrire sur des forums spécialisés comme http://blog.maxicoffee.com/ (en français) ou http://coffeegeek.com/ (en anglais) et de poser vos questions à de vrais spécialistes qui ont l'occasion de tester plusieurs matériels. Quant à moi je ne suis qu'un modeste amateur et mon expérience est finalement assez limitée (mon article contient à peu près tout ce que je sais).
Cordialement,
Article vraiment très intéressant dans la forme et le fond comme je ne m'attendais pas à trouver sur ce sujet, je cherchais des conseils pour bien utiliser ma "moka express", je suis servi !
Je voulais savoir par exemple quelle quantité de café mettre et s'il devait être tassé, j'apprend du coup qu'avec ma cafetière 3 tasses je suis obligé de mettre la quantité pour 3 tasses (et donc de perdre les 2/3 si je ne me sers qu'une dose normale!).
Aussi mon café avait un goût de brûlé, apparemment c'est parce que je laissais fermé le couvercle et ne baissais pas le feu.
Juste un petit bémol sur la cafetière italienne : je trouve que la quantité de café que l'on doit mettre pour remplir le contenant est trop importante d'une part, et d'autre part je n'ai encore jamais réussi à obtenir un café aussi bon que celui d'une machine à expresso.
Sur ce, bonne continuation.
Votre article est très intéressant et bien écrit.
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